Joyeuses Catastrophes


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Maman, maintenant je sais…

8 mai 2014 par Julie 9 commentaires

Quand j’ai eu vingt ans, je me suis dis: « ça y est, je sais tout! » Quoi, j’avais survécu à l’adolescence?!  Et sans trop de dommages en plus!  Qu’est-ce que nos aînés, avec leurs cerveaux un peu usés, pouvaient encore nous apprendre à nous, les jeunes?   Nous, l’AVENIR!

Si je pouvais tenir devant moi la petite frisée inconsciente sans cheveu blanc que j’étais, je me ferais un plaisir de la secouer un peu!  Je la regarderais, dans sa belle robe de mariée, avec son sublime Adonis aux yeux verts, et je lui dirais:

–          Hey la p’tite!  Tu ne sais rien du tout!

Être ignorant, c’est bien correct.  À la limite, ça nous protège un peu, ça nous permet de croire que tout est possible.  Mais encore faut-il être en mesure d’admettre qu’on a tout à apprendre!

À vingt ans, j’étais loin de me douter alors à quel point l’argent mène le monde.   Je pensais m’y connaître en amour et avais la bêtise de croire qu’en amitié, le nombre avait une importance!

Mais pire, quoique n’ayant jamais moi-même enfanté, je pensais savoir ce qu’était une maman…

Facile.  Une maman, c’était là pour servir!  Quelqu’un qui avait choisi d’avoir des enfants et qui, forcément, se plaisait à tout faire pour eux!  N’était-ce pas là le sens de sa vie?

Une maman, c’était doux.  Ça chantait.  Ça flattait.  Quand venait le temps de parler fort, il fallait un papa pour s’en mêler.

Une maman, ça capotait pour rien!  Ça s’en faisait tout le temps pour… pas grand-chose!

Une maman, c’était un peu gênant.  À vingt ans, on ne veut pas tellement « être amie » avec maman.  On a besoin d’une indépendance marquée!  D’un détachement apparent.

Une maman, ça allait vivre pour toujours.  Ça n’avait pas le choix.  C’était immortel. Ça vivait pour nous.

Quatorze ans et trois enfants plus tard, je me heurte à cette flagrante évidence:   Quand j’avais vingt ans, je ne savais pas.  

1043-joyeuses catastrophes-mère-filleJe ne savais pas:

1.       Que les mamans sont des êtres humains.

Ma mère se dévouait tellement pour nous que jamais je n’ai pensé qu’elle puisse avoir besoin de sommeil, de repos ou juste, d’un break!  Quand elle me lisait mon histoire, le soir, qu’elle me chantait une chanson que je voulais interminable, je n’aurais jamais pensé qu’elle puisse avoir hâte que ça finisse!

Je l’ai su dernièrement, quand il m’est arrivé, après certaines journées de travail plus intenses, de voir le circuit du dodo (aller voir chaque enfant, faire brosser les dents, lire l’histoire, se parler, se câliner, prier, etc…) comme une montagne insurmontable!

Après la run de lait pour ramener tout le monde à la maison, le souper, les bains,  les devoirs…  Eh oui!  Il arrive que l’album de« Bébé Koala se met en colère » ou le « Cherche et trouve Spiderman » soient au-dessus de mes forces, obsédée par mon divan ou par mon propre lit!

Quand il arrivait que je la pousse à bout et que ma maman éclate en sanglots, j’étais surprise chaque fois!   Quoi?!  Une maman, ça a une limite?  Ça se brise?  Ça explose?  J’avais une petite période de « choc » mais à peine quelques jours plus tard, j’avais déjà oublié…

Oublié qu’une maman, c’est d’abord une personne, une femme, un être humain.

2.       Que le contrat d’une maman ne prend pas fin à nos 18 ans.

Quand j’ai eu 18 ans, sans doute même un peu avant, je me suis dit que ma mère devait être bien contente :  elle avait achevé son boulot!  J’étais une adulte, prête pour le grand monde.  Elle pouvait prendre sa retraite, savourer sa mission accomplie.  Alors quand elle m’attendait aux petites heures du matin, le lendemain de la St-Jean-Baptiste, paniquée à l’idée qu’il me soit arrivé quelque chose, je ne comprenais pas :  n’avait-elle pas pris sa retraite?  N’était-elle pas libre de dormir en paix?

fevrier 054Ma plus vieille fille n’a que neuf ans et je sais déjà que je ne dormirai jamais complètement en paix.   Je ferai un marathon de tournis dans mon lit en pensant à ses amis, bons ou mauvais, à ses réussites, à ses échecs.  À ses déceptions.  À ses peurs.  Bien plus qu’aux miennes.

Et quand ses 18 ans seront passés, je me réveillerai en pensant à sa carrière, parfois précaire, à l’homme qui partagera sa vie et qui, oh malheur, pourrait ne pas la traiter comme le trésor qu’elle est.  Je penserai aux enfants qu’elle voudra, puis qu’elle aura.  J’aurai, avec leur venue, de nouvelles raisons de veiller, de me préoccuper, de m’occuper.  Je serai une vraie maman.  Je le serai bien bien longtemps après ses 18 ans…

Mes propres enfants ne connaissent pas forcément le numéro d’urgence des policiers, des remorqueurs, des ambulanciers.  Quand un besoin se présente, ils ont le même réflexe que moi : ils pensent tout de suite à leur grand-maman…  Grand-maman qui prête son auto, qui amène à un rendez-vous, qui garde, qui vient les porter, qui laisse un bon jambon fumant sur la table.

Je sais maintenant que la retraite d’une maman ne vient jamais vraiment.  Être maman n’est pas un métier que l’on met de côté à nos soixante ans, prêt pour la liberté.  Être maman, c’est une condition permanente, c’est incurable.  À la limite, dégénératif.

3.       À quel point les hormones pouvaient malmener les mamans

Adolescente, je me pensais bien à plaindre avec mes SPM!  Mais je n’avais rien vu.  Je ne savais pas que toutes les mamans ont droit au super « Festival des hormones »!

D’abord vient la pilule.  Stabilisatrice d’humeurs, d’accord.  Le problème c’est qu’elle les stabilise une bonne coche en dessous de notre degré de bonheur habituel!  Plus d’excès, une légère déprime permanente, adieux la libido.

Quand on n’y met enfin un terme, c’est bien souvent pour devenir enceinte.  Et là, c’est le gros lot!   On se surprend à pleurer pour Kitty, le chat du voisin qui a dû être euthanasié!  Plus moyen de regarder des pubs à la télé sans vider une boîte de kleenex.  Et c’est sans compter les montées d’adrénalines soudaines qui nous poussent, du jour au lendemain, à dire ses quatre vérités (longtemps refoulées) à notre vieil ami d’enfance!

Puis on accouche et on goûte à l’ultime party hormonal :  La montée de lait!  Il n’y a pas que le lait qui monte!  La montée de lait, c’est cette journée, 3-4 jours après l’accouchement, où on pleure plus que dans le reste de notre vie toute entière!  LA journée où on veut donner notre bébé en adoption.  LA journée où on croit dur comme fer que notre homme ne nous aimera plus jamais avec notre gros ventre moche.  Juste pour cette journée, les mamans devraient recevoir un titre honorifique, une nomination.

Puis, les hormones mettent près d’un an à se replacer.  On a droit à la perte des cheveux, des boutons inattendus, de véritables montagnes russes d’émotions irrationnelles!

Quand on enchaîne 2-3-4 enfants, disons que les hormones en ont pour un bon bout de temps à s’en donner à cœur joie!  Pour moi, être une maman, c’est aussi ça.  C’est de ne plus se reconnaître, parfois, et d’avoir bien hâte de se retrouver, de se comprendre un peu.

Quand j’avais vingt ans, je ne savais pas.

Et on me souffle à l’oreille que, du haut de mes trente ans, je n’ai rien vu encore…  plane encore la menace de la ménopause!

4.       Que les mamans sont si vulnérables

Quand on est petit, une maman, c’est fort.  Pas de la même manière qu’un papa, avec ses muscles et sa grosse voix.  Une maman c’est fort parce que c’est toujours là.  Ça a réponse à tout.  Ça sait quoi faire quand on se plante en vélo.  Ça sait quoi dire quand on a rêvé qu’un géant nous faisait cuire à la marmite.  C’est la réponse quand on a faim, quand on a mal, quand on a peur.

Ce qu’elles nous cachent bien, c’est à quel point elles sont vulnérables.  Être maman, c’est avoir quelque chose qu’on ne supporterait pas de perdre.  Et en cela, toutes les mamans sont extrêmement vulnérables.

Et même si nous, enfants, prenons un jour une distance, nos mamans sont toujours, à quelque part dans leur ventre, liées à nous.  Il ne peut pas en être autrement.

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Quand j’avais vingt ans, je rêvais d’être un jour, moi aussi, une maman.  Je serais douce, je chanterais, je flatterais, je soignerais.   Je ne savais pas, non plus, qu’être maman n’est pas accordé à tout le monde.

J’ai eu l’immense bonheur d’avoir trois enfants et je sais, maintenant, que chacun d’eux est un privilège, un cadeau (pour ne pas dire un prêt), un miracle.  Être maman, c’est aussi être incroyablement choyée.

Quoiqu’il en soit,  j’aimerais dire à ma douce maman à moi, que je suis désolée de ne pas avoir su plus tôt. Mais surtout, que maintenant je comprends.  Et j’apprécie.

Je t’aime maman.

Bonne fête des mères!

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Classé sous :pêle-mêle Balisé avec :amour, fête, hommage, maman, mères

Qui est Joyeuses Catastrophes ?

Je suis maman, maladroite, enseignante, émotive, amoureuse...
J'ai 40 ans, 3 enfants et plein de choses à dire... Ou plutôt, à écrire, c'est tellement plus facile! Merci de me suivre, de me faire réfléchir, d'enrichir ma vie de vos commentaires...
Pour ceux qui en veulent plus, mon livre de chroniques "Trentenaire sans histoire" ainsi que mes deux romans "180 jours et des poussières" et "180 et le coeur plein" sont disponibles aux Éditions De Mortagne.
Joyeuses catastrophes à tous! En savoir plus...

Commentaires

  1. Le carnaval muet dit

    11 mai 2014 à 21 h 52 min

    On pensait tout savoir à cet âge-là et ça prend la maternité pour nous faire réaliser à quel point on a parfois été plates, pour ne pas dire poches avec nos mamans. Très bien écrit, j’adore!

    Répondre
  2. Pash dit

    11 mai 2014 à 16 h 37 min

    wow, j’aime Julie c’est bien écrit, j’aime gros.

    Répondre
  3. Carole Therrien dit

    11 mai 2014 à 16 h 00 min

    Bravo Julie, sache que c’est les yeux pleins d’eau que je t’écris….maintenant je sais…..m’a touchée
    profondément en tant que mère et amie proche de ta mère!!! Même si on est grands-parents, un jour
    nous aussi on a été des enfants insouciants et le jour de la fête des mères nous le rappelle constamment!
    Mais le plus beau dans tout ça c’est que Dieu a permis que notre mère aussi ….savait….et acceptait…..
    qu’à cet âge c’était ainsi qu’on l’aimait et qu’un jour, avec le temps, on saurait !!!!!!!!
    Ainsi va la vie et c’est bien ainsi! Félicitations Julie pour ton livre et pour ton IMMENSE TALENT d’auteure,
    tu es unique et tu fais honneur à tes parents…..que j’aime de tout mon cœur!
    Carole

    Répondre
    • Julie dit

      11 mai 2014 à 18 h 45 min

      Ma chère Carole, tu as toujours eu le don de m’encourager, tu ne changes pas!
      Effectivement, la roue tourne et, sachant ce que l’on sait quand on devient maman, on peut être pleins d’indulgence pour nos enfants qui ne savent pas encore…
      Merci pour ton message précieuse Carole!

      Répondre
  4. Sophie dit

    11 mai 2014 à 7 h 12 min

    Bravo pour vos magnifique texte, ils font du bien à lire, oui ce n’est pas rose tout les jours être une maman mais c,est la plus belle vocation du monde.

    Répondre
  5. Sauterelle dit

    9 mai 2014 à 14 h 59 min

    Ce message est vraiment touchant! Avec mes hormones «après l’accouchement», j’en ai les larmes aux yeux! Et comme ma petite puce est dans une «passe» plus difficile, cela m’a vraiment fait du bien de te lire. Merci!

    Répondre
  6. Céline dit

    8 mai 2014 à 21 h 50 min

    C’est quand on voit nos enfants trouver leur propre voie, s’épanouir puis nous donner des petits enfants
    à leur tour qu’on se rend compte que tout ça valait bien plus que tout ce que nous avons pu donner.
    Merci ma chérie pour ce bel hommage!
    Je t’aime.

    Répondre
    • Johanne Laberge dit

      9 mai 2014 à 18 h 01 min

      AAAaaaahh!!! C’est super touchant, vous êtes tellement choux je vous aime-xxxxx-

      Répondre
  7. Stacy dit

    8 mai 2014 à 20 h 54 min

    🙂 j’ai rien à dire… Mais j’aime!!! 🙂

    Répondre

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